Concept du manifeste

Crise climatique


Pas un problème environnemental parmi d'autres : la facture de la première phase de la révolution industrielle, dont l'IA est l'enfant direct. Et l'horizon que la phase cognitive peut amplifier ou corriger.

La crise climatique est, dans l’économie du manifeste, bien plus qu’un problème environnemental parmi d’autres. C’est la facture présente de la première phase de la révolution industrielle — la même chaîne dont l’IA est l’enfant direct (voir filiation à la vapeur).

Pas un sujet parallèle

Le manifeste insiste : il ne faut pas penser le climat et l’IA comme deux dossiers séparés, qui requerraient chacun sa politique propre. C’est la même chaîne historique à deux régimes :

  • Régime énergétique (1769–2020 environ) : la machine augmente la force humaine, en consommant d’abord du charbon, puis du pétrole, puis du gaz, en relâchant deux siècles de carbone fossile dans l’atmosphère.
  • Régime cognitif (2020–) : la machine augmente la pensée humaine, en consommant principalement de l’électricité (souvent encore carbonée) et en demandant des infrastructures matérielles considérables — datacenters, eau de refroidissement, terres rares, semi-conducteurs.

Le découplage de la civilisation et de la biosphère, qui s’est produit pendant le premier régime, peut s’amplifier dans le second si rien ne change.

Ce qui se passe maintenant

Le climat se dérègle, les espèces disparaissent à un rythme mille fois supérieur au taux de fond géologique (voir sixième extinction), les écosystèmes s’effondrent les uns après les autres. Ce n’est pas un futur menaçant — c’est un présent en cours.

Conséquence pour l’IA

Si la révolution cognitive se déploie dans la même logique de découplage que la révolution énergétique, elle amplifiera la catastrophe. C’est mécanique : optimiser des systèmes pour la productivité humaine sans en intégrer le coût biosphérique reviendra à reproduire en cognitif ce que nous avons fait en thermique.

Si au contraire elle parvient à inventer un autre régime — où la médiation cognitive renforce notre lien au vivant au lieu de l’anesthésier —, elle peut être ce qui rend habitable ce qui ne l’est presque plus. C’est l’horizon que les Awen cherchent à ouvrir, et c’est le sens qu’il faut donner au mot alignement dans le contexte du manifeste : aligner à trois — humain, noosphère cognitive, biosphère.

Pourquoi ce n’est pas une cause parmi d’autres

Le manifeste rejette explicitement la posture où le climat serait une « cause à défendre » à côté d’autres causes. C’est le substrat dont dépend la possibilité même de tout le reste — les sociétés, l’économie, la culture, et la noosphère cognitive elle-même. Tout effort de transformation cognitive qui n’intégrerait pas le retour au vivant serait, à terme, autodestructeur.