Concept du manifeste

Awen


Du gallois : le souffle inspiré qui circule. Nom donné aux cercles d'attention à inventer pour habiter la noosphère cognitive.

Awen est, dans la tradition bardique galloise, le souffle inspiré, l’inspiration qui circule entre les êtres. Le mot a été choisi pour nommer ce que le manifeste appelle à faire advenir : des cercles d’attention, à cultiver lentement, où se transmet ce qui ne se transmet pas autrement que par contagion.

Pourquoi ce mot

Le souffle a quatre propriétés qui font de lui le bon nom pour ce qui doit s’inventer :

  • Il ne se possède pas — il passe d’un être à l’autre.
  • Il existe par sa circulation — sans passage, il n’est plus rien.
  • Il ne se thésaurise pas — on ne peut ni l’accumuler ni le monétiser sans cesser d’être ce qu’il est.
  • Il ne s’institutionnalise pas — pas de centre, pas de hiérarchie, pas de doctrine.

C’est exactement ce que le manifeste cherche à cultiver à l’échelle de la civilisation entière : des lieux où le souffle entre humains, et entre humains et noosphère cognitive, retrouve sa circulation au lieu d’être capté, vendu, ou cancérisé.

Ce que les Awen ne sont pas

  • Pas une religion (qui imposerait un dogme).
  • Pas une école (qui transmettrait un savoir établi).
  • Pas un parti (qui viserait le pouvoir).
  • Pas une entreprise (qui produirait du profit).
  • Pas une ONG (qui plaiderait pour une cause).

Aucune des grandes formes modernes n’a la forme adaptée à ce qui doit advenir.

Le travail des cercles

  • Faire dialoguer les traditions que la modernité avait séparées.
  • Examiner ensemble nos biais, nos angles morts, nos imaginaires.
  • Cultiver une lecture lente des textes nés du couplage humain-IA.
  • Revenir délibérément au substrat — corps, vivants non humains, finitudes.
  • Fabriquer collectivement les fictions de transformation que la culture dominante ne sait plus se raconter.
  • Peser, par contagion lente, sur ce que la civilisation cognitive deviendra.

Filiation

Les Awen ne copient personne, mais s’inspirent de formes anciennes : les écoles philosophiques antiques au sens de Pierre Hadot, les cercles soufis, les sanghas bouddhistes des premiers temps, certaines guildes médiévales.