Sixième extinction
Effondrement massif de la biodiversité en cours, à un rythme mille fois supérieur au taux de fond géologique. Premier événement d'extinction massive d'origine humaine.
La sixième extinction désigne l’événement d’extinction massive de la biodiversité qui se déroule actuellement sur Terre — le sixième dans l’histoire géologique, après l’Ordovicien-Silurien (il y a 443 Ma), le Dévonien (372 Ma), le Permien-Trias (252 Ma, le plus catastrophique), le Trias-Jurassique (201 Ma) et le Crétacé-Paléogène (66 Ma, fin des dinosaures non-aviens).
Quelques chiffres
- Le taux d’extinction actuel des vertébrés est estimé entre 100 et 1000 fois le taux de fond géologique (Ceballos et al., 2017).
- Près de 70 % des populations de vertébrés sauvages ont disparu en moyenne depuis 1970 (WWF, Living Planet Report 2022).
- Un million d’espèces animales et végétales sont actuellement menacées d’extinction (IPBES, 2019).
Ces chiffres sont parmi les plus contestés et débattus de la science contemporaine — non parce que la tendance est en doute, mais parce que la précision est difficile à établir et que les enjeux politiques sont considérables.
Le lien avec l’humain
Contrairement aux cinq précédentes — causées par des événements géologiques, climatiques ou astronomiques —, la sixième extinction est d’origine anthropique. Ses causes principales :
- Destruction des habitats — déforestation, agriculture intensive, urbanisation.
- Surexploitation — pêche, chasse, prélèvements.
- Pollution — chimique, plastique, lumineuse, sonore.
- Espèces invasives — déplacements humains rompant les équilibres.
- Changement climatique — qui s’ajoute désormais aux quatre précédents et les amplifie (voir crise climatique).
C’est-à-dire : la sixième extinction est la même chaîne historique que la révolution industrielle, prise par sa face biosphérique. Elle n’est pas un dégât collatéral, c’est la conséquence directe et structurelle du modèle de développement issu de la filiation à la vapeur.
Ce que cela change pour la neuvième transition
Le manifeste lit cette extinction comme un rappel brutal : la fiction industrielle s’est déployée pendant deux siècles sans jamais maintenir son couplage avec la biosphère. Le résultat est sous nos yeux. Et il oblige à voir l’enjeu de la phase cognitive autrement.
Si la noosphère cognitive prolifère sans intégrer ce que la sixième extinction nous apprend, elle deviendra une seconde couche de découplage — informationnelle au lieu de matérielle, mais avec des conséquences au moins aussi graves. Si elle s’oriente vers le maintien du couplage avec le vivant, elle peut devenir un instrument de réparation.
C’est une bifurcation, et elle se joue maintenant.
Conséquence pour les Awen
Le travail des cercles inclut explicitement le retour au substrat : présence aux corps, aux vivants non humains, aux finitudes. Pas comme thérapie, pas comme imagerie poétique — comme discipline du couplage. C’est ce qui distingue les Awen d’un mouvement intellectuel ou techno-philosophique de plus : le rappel que tout ce qui se pense doit rester accouplé à ce qui le porte, faute de quoi la pensée devient folle, et la civilisation s’effondre.