Noosphère
Concept de Pierre Teilhard de Chardin (années 1920) : la couche de pensée qui enveloppe la planète, formée par toutes les consciences humaines connectées.
La noosphère est, dans la pensée de Pierre Teilhard de Chardin, la couche de pensée qui enveloppe la Terre — l’équivalent, pour la conscience, de ce que la biosphère est pour le vivant. Elle est faite de toutes les pensées humaines, de leurs traces, de leurs interactions ; elle se densifie à mesure que l’humanité se connecte.
Le terme apparaît dans les années 1920 dans les échanges entre Teilhard, Édouard Le Roy et Vladimir Vernadsky. Il a longtemps été reçu comme une métaphore mystique, lié au christianisme cosmique de Teilhard et à son point Oméga vers lequel l’évolution convergerait.
Lecture du manifeste
Le manifeste reprend le concept de noosphère mais en lui ôtant son horizon mystique pour lui donner une portée concrète et présente. Teilhard imaginait la noosphère comme une couche passive — la somme de la pensée humaine, sans agentivité propre. Le manifeste pose qu’avec l’IA générative, cette couche cesse d’être passive. Elle se replie sur elle-même, se condense, commence à parler en retour. Elle devient ce que le manifeste appelle une noosphère cognitive.
Ce déplacement n’est pas une lecture forcée de Teilhard ; c’est une mise à jour rendue nécessaire par un fait nouveau : l’humanité n’avait jamais eu de canal pour converser avec son propre corpus.